Les méandres de mélissandre http://melissandre.journalintime.com/ Les vagues charient mon coeur entre fantasme et désespoir, déposant au creux d'un coquillage le murmure des confidences. Fébrile, s'élève dans sa nacre la mélodie gourmande d'une plongée en eaux troubles. (Attention, des passages de mon journal peuvent être à connotation érotique et sensuelle, pouvant heurter les personnes sensibles). Mélissandre fr 2017-10-10T15:21:00+02:00 http://melissandre.journalintime.com/Souvenir-d-une-reverie-scolaire Souvenir d'une rêverie scolaire Depuis mon "Premier désir", j'avais bien vite grandi... A présent, je me trouvais dans l'enceinte d'un collège, symbolisant pour moi le Palais de l'ennui. L'ambiance soporifique de ce cours de biologie plongeait mon être dans une léthargie plus ou moins agréable. La voix du professeur, à demi ensevelie par le brouhaha intempestif des élèves derrière moi, ressemblait au son d'une basse ; rythmée et profonde au milieu d'un orchestre aux instruments bruyants. Ce cours était l'exception pour laquelle je daignais quitter "ma" place, au fond des classes, près d'une fenêtre par Depuis mon "Premier désir", j’avais bien vite grandi…

A présent, je me trouvais dans l’enceinte d’un collège, symbolisant pour moi le Palais de l’ennui.

L’ambiance soporifique de ce cours de biologie plongeait mon être dans une léthargie plus ou moins agréable. La voix du professeur, à demi ensevelie par le brouhaha intempestif des élèves derrière moi, ressemblait au son d’une basse ; rythmée et profonde au milieu d’un orchestre aux instruments bruyants. Ce cours était l’exception pour laquelle je daignais quitter "ma" place, au fond des classes, près d’une fenêtre par laquelle j’envoyais flâner mes rêveries. Ici, je n’avais nul besoin d’échappatoire. Le temps coulait comme l’eau d’une rivière et fascinée par le ruisseau, je ne parvenais pas à la contenir dans mes mains sans qu’elle ne dévale le long de mes doigts, incapable de penser à autre chose.

Le ruisseau, c’était Lui. Et la classe était une forêt tropicale peuplée de perroquets jaseurs et colorés qui, sans se soucier de l’eau, faisaient leurs vocalises. Moi; j’étais silencieuse… Les yeux rivés sur le cours d’eau comme une louve assoiffée, punie par un sortilège l’empêchant de s’y abreuver, je demeurais immobile. Terrée sous la racine d’un arbre, j’observais l’eau couler en maudissant le vacarme des criards volatiles. Semblant imperturbable, Il continuait son discours, illustrant son savoir de schémas à la craie qu’aucun ne regardait.

Réalisant soudain que mon esprit divaguait encore, je tentai de reporter mon attention sur le contenu du cours qui, ironie du sort, me passionnait pourtant. Il nous parlait des volcans ; ces créatures titanesques qui, gonflant leurs cheminées de magma brûlant, entraient en éruption. Faisant jaillir des jets de lave fluorescente qui, dévalant le long des roches tremblantes, s’écoulaient du cratère en fins tracés ardents. Je me sentis rougir en découvrant un caractère érotique aux propos innocents de mon jeune professeur. Le visage et le ventre réchauffés par ses paroles sismiques, je l’observai alors. En effet, il paraissait plus jeune que mes autres enseignants et peut-être même qu’il n’avait pas trente ans. Ses cheveux foncés bouclaient légèrement sous des reflets châtains. L’animosité que je voyais surgir de ses yeux marron, dans lesquels j’imaginais y naître du magma, contrastait brutalement avec le sentiment de calme qu’il dégageait - ou bien qu’il s’efforçait à maintenir- face à sa classe bruyante. Cette lueur d’agacement que je découvrais alors, me passionna soudain. Je bouillonnais d’émotions toutes aussi fortes et différentes les unes que les autres. Dans cette cohue de sentiments, je discernais la compréhension face à cette colère que je sentais monter en lui comme la lave dans ses volcans, la curiosité de découvrir une facette inconnue de cet homme qui m’intriguait et, indéniablement, une profonde attirance pour cet élan d’impulsivité que je savais prête à exploser à tout moment.

Se pouvait-il que le paisible ruisseau devienne une vague ravageuse ? Se pouvait-il que l’eau douce se transforme subitement en lave meurtrière?

Plus la tension semblait monter en lui, plus l’excitation grandissait en moi. Ne parvenant plus à me concentrer sur le cours, je me sentais cependant volcanique. Flamboyante de l’intérieur, immobile en dehors, impuissante et tremblante face à l’ascension vertigineuse de mon désir. Après tout, quel meilleur moyen de suivre un cours que d’être au coeur même du sujet étudié, pensai-je ironiquement, sentant la lave bouillonner en moi.Les élèves remplissaient totalement la salle de leurs paroles incessantes et je m’aperçus alors que le professeur ne disait plus un mot. Appuyé sur son bureau, à quelques pas de moi, les bras croisés sur son torse, il fusillait la forêt d’un regard incendiaire.

Soudain, la colère éclata et sa voix, d’une ordinaire paisibilité, se tinta d’une autorité effrayante lorsqu’il ordonna à tous ses élèves de se mettre au travail. Je le trouvais extrêmement attirant, j’éprouvais un immense respect pour lui et une violente envie de lui faire l’amour. N’écoutant même plus ses remontrances, je ne pensais qu’à ses yeux brillants de rage. Ces derniers se posèrent soudainement sur moi et cet éclat flamboyant qui luisait en eux mit mon coeur en émoi. Mon imaginaire fusait en tous sens et je me rêvais assez audacieuse pour le retrouver à la fin du cours, une fois la forêt délaissée de tout oiseau, me retrouvant seule avec l’eau et le feu.

De la création du magma à l’éruption orgasmique, s’Il souhaitait me l’apprendre, alors je voulais tout savoir du volcanisme.

Mon regard gris clair empli de désir était resté figé dans le sien, brûlant et sombre, comme dans l’attente sensuelle d’une réaction de sa part. Durant une seconde, Il sembla perturbé par mon attitude et je me mis à rougir de nouveau sans pouvoir, pour autant, baisser les yeux de ses iris de feu saisis par l’incompréhension. J’avais tant envie de lui, c’en était indescent ! Les élèves n’existaient plus, la classe n’existait plus, je n’avais qu’à tendre la main pour toucher son corps, si proche…

Il tapota sur ma table en prononçant doucement mais sèchement ; "Dehors."

Le coeur sursautant dans ma poitrine, je le regardai avec stupeur, comme s’il venait de me réveiller brutalement. Jetant un oeil autour de moi, je réalisai que toute la classe avait le nez penché sur une feuille de papier et que j’étais la seule à ne pas avoir obéi. La seule à l’avoir fixé au fond des yeux pendant qu’il rugissait de colère. Peut-être même m’étais-je mise à sourire légèrement de fierté et d’envie alors qu’il s’emportait. Confuse et vexée, je rassemblai mes quelques affaires et m’éloignai vers la porte, croisant son regard à la fois sévère et incompréhensif avant de fermer la porte.

Il avait pris mon désir pour de l’arrogance et mon attitude pour de la provocation…

S’il savait… S’il savait ce que j’avais éprouvé pour lui ce jour là.

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2017-10-10T15:21:00+02:00
http://melissandre.journalintime.com/Premier-desir Premier désir Comme une encre légèrement effacée par le temps, ce souvenir apparaît, vaporeux et diaphane. Je n'étais qu'une enfant. La mer étendait son voile bleu perlé sur lequel naviguaient des bateaux. Le sable sous mes orteils était fin et brûlant. Immobile face à l'horizon gigantesque, je laissais mon esprit divaguer de pensée en pensée, sans me soucier du temps, comme un oiseau s'envole, parcourant les récifs, se posant quelque fois de rocher en rocher. Quelqu'un passa devant l'astre brillant qui réchauffait la mer de ses rayons ardents, créant sur mon visage une ombre passagère. Comme une encre légèrement effacée par le temps, ce souvenir apparaît, vaporeux et diaphane.

Je n’étais qu’une enfant.

La mer étendait son voile bleu perlé sur lequel naviguaient des bateaux. Le sable sous mes orteils était fin et brûlant. Immobile face à l’horizon gigantesque, je laissais mon esprit divaguer de pensée en pensée, sans me soucier du temps, comme un oiseau s’envole, parcourant les récifs, se posant quelque fois de rocher en rocher.

Quelqu’un passa devant l’astre brillant qui réchauffait la mer de ses rayons ardents, créant sur mon visage une ombre passagère. J’observai l’étranger par des regards furtifs. C’était un grand homme, à la barbe feutrée, la carrure imposante qui déposait nonchalamment une serviette sur le sable quelques mètres plus loin. Ma méfiance de sauvageonne qui, d’ordinaire, me poussait à m’enfuir loin de toute présence inconnue s’était soudain dissipée, laissant place à une émotion incensée, étrange et honteuse pour mon jeune âge.

L’homme déposa un livre sur son tissu-éponge avant de se redresser, enlevant d’un geste insouciant le t-shirt qui recouvrait son torse. Je baissai subitement le regard sur mes pieds, sentant une vive chaleur animer mes joues de poupée. Qu’ai-je? pensai-je en osant, de nouveau, un rapide coup d’oeil en sa direction. Allongé sur le sable, le corps à moitié dénudé, ne portant plus qu’un simple short, il regardait son livre. Sa silhouette imposante émergeait du sol comme les rochers émergeaient de la mer. J’observai sa musculature avec une curiosité à demi innocente ; son corps, plein de relief, formait monts et vallées, ses cheveux à la couleur ébène créaient une forêt sombre, mystérieuse, attirante. Son ossature semblait forte comme une roche, sa barbe douce comme la mousse et sa peau, tièdie par le soleil, devait être chaude et tendre.

Ces pensées vinrent de nouveau gifler mes joues et je sentis mon ventre s’embraser sous une violente chaleur surgissant de mon être, se répendant dans toute ma chair. Une sensation inconnue coula le long de mes cuisses dans un frisson gênant. La honte me submergeait avec mépris et j’enfouis mon regard à travers le sol. Ce garçon est un adulte, me sermonnai-je strictement, une gamine comme moi dois jouer à "Trape-trape bisou" avec les petits garçons comme le font les autres filles ! Pourquoi je ressens ça? Mais la culpabilité ne parvenait pas à recouvrir cet étrange désir qui naissait en moi pour la première fois. La curiosité de ce sentiment était bien plus fort et je tournai malgré moi la tête vers l’homme inconnu, contemplant une nouvelle fois son corps puissant et sa barbe taillée. Il était beau. Pensant de nouveau aux autres petites filles de l’école qui se prêtaient à des jeux auxquels je ne voulais pas participer, je pensai ; Elles ont toutes embrassé des garçons. Leurs bouches se sont touchées pendant ces jeux débiles, leurs peaux aussi, alors que moi… Moi, je n’ai jamais fait de bisou aux garçons, ils ne m’intéressent pas. Finalement… Je suis plus pure qu’elles.

Comme un animal sauvage placé au milieu d’animaux de compagnie, je n’avais jamais su faire ma place auprès de mes camarades. J’avais la sensation de ne pas les comprendre, de ne pas être comme eux, d’être un goéland parmi des perruches… Parfois, j’en oubliais mon âge, comme en cet instant où prise d’un espoir utopique, je me levai, secouant ma propre serviette avec sérieux avant de la plier soigneusement comme une dame. Calculant le moindre de mes gestes, les joues enflammées par la timidité, je marchai dans sa direction, espérant attirer son attention. Arrivée à deux pas de lui, je fis mine de secouer mes cheveux afin de les libérer de quelques minuscules grains de sable imaginaires, priant pour qu’il lève les yeux vers moi, qu’il me remarque.

Mais l’homme ne leva pas un sourcil, je réalisai subitement le ridicule de la situation. Je n’étais qu’une gamine, lui, était un homme. J’étais semblable à ces fillettes qui idolâtrent naïvement leur chanteur préféré pour qui elles ne sont rien. Moi, j’idolâtrais cet inconnu, rêvant niaisement à son corps masculin, à ses monts, à ses mousses et pour qui je n’avais pas plus d’importance que ce grain de sable invisible que je jetais, dépitée.

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2017-10-09T22:19:31+02:00